KARAGUEUZIAN Laurent
Il me suffit de lever la tête pour contempler ces trouées du ciel à travers les feuillages. Elles produisent des formes dentelées qui s’organisent dans un rythme diurne entre feuilles et ciel, entre l’ombre et la lumière et, en somme, entre le clair et l’obscur. Je commence par griffonner de grandes lignes qui cartographient la surface blanche. D’une certaine manière, ce n’est pas moi qui guide la forme mais la forme qui me guide.
Cela est extrêmement stimulant, branches et feuilles s’entremêlent. Je travaille lentement et les détails s’agglomèrent entre eux sans repentir.
Alors, le noir gagne du terrain sur l’étendue blanche.
L’encre ou la peinture viennent nourrir le papier ou la toile qui enregistrent petit à petit, au fil des mois et des saisons et des sensations retrouvées.






